MADAGASCAR
4 avril 1949 En reportage à Madagascar, dans la région de Mananjary, le journaliste Raymond Marcillac interroge le commandant Legourd du 9e régiment de tirailleurs algériens, qui a participé à la "pacification" de Madagascar. L'officier fait son rapport.
http://ti1ca.com/oyg9vj8z-wfa-09-490404-La--pacification--a-Madagascar-04031949-raymondmarcillac-wfa_09_490404_La--pacification--a-Madagascar_04031949_raymondmarcillac.mp3.html
La "pacification" à Madagascar
En 1947, la Grande Île compte 4 millions d’habitants dont 35 000 Européens. C’est une colonie française dotée d’une assemblée élue, aux pouvoirs limités. Le refus obstiné des autorités françaises de modifier un tant soit peu le joug pesant sur les populations provoqua une révolte nationaliste.
Le 29 mars 1947, l’île se soulève. L’administration n’est pas prise au dépourvu mais elle n’a rien fait pour empêcher l’insurrection.
À Diego-Suarez, Fianarantsoa et Tananarive, les insurgés sont tenus en échec. Ailleurs ils remportent des succès avant d’être refoulés. Des plantations européennes isolées sont attaquées.
La répression est impitoyable. Dès le mois d’avril, les autorités envoient à Madagascar un corps expéditionnaire de 18 000 hommes - essentiellement des troupes coloniales ; il sera porté à 30 000 hommes. L’armée française opère une répression aveugle : exécutions sommaires, torture, regroupements forcés, incendies de villages.
La lutte va se poursuivre dans l’Est du pays, où deux zones de guérilla résistent dans la forêt pendant plus de 20 mois.
En métropole, quelques journaux parlent du soulèvement mais le gouvernement et l’ensemble des organes de presse minimisent son importance et ne disent rien de la répression.
En vingt mois, selon les comptes officiels de l’état-major français, la «pacification» a fait 89 000 victimes chez les Malgaches. Les forces coloniales perdent quant à elles 1 900 hommes. On relève aussi la mort de 550 Européens, dont 350 militaires.
Source : Ligue des droits de l'homme